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Déclaration de Kah Walla à Michelle Bachelet

 

Déclaration de Kah Walla à Michelle Bachelet: «Pour nous, Camerounais, il est clair que le régime Biya ne peut plus gouverner le Cameroun. En conséquence, nous demandons une transition politique»

Kah walla cpp

 

La présidente du CPP s’est entretenue avec le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

Le Hautcommissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet a effectué une visite de quatre jours au Cameroun. Un séjour marqué par des entretiens avec le président de la République, Paul Biya, des membres du gouvernement, mais aussi des leaders politiques et de la société civile. Parmi ces leaders, Edith Kah Walla, la présidente du Cameroon People’s Party(CPP) et coordonnatrice du mouvement «Stand Up for Cameroon».

Dans sa déclaration, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle a fait un point sur la situation sociopolitique et sécuritaire du pays. Le Cameroun, «ce pays extraordinaire est en train de se désintégrer sous les yeux du monde entier en raison de la gouvernance qui le caractérise».

Notamment: «le refus de mettre en œuvre même les processus démocratiques les plus élémentaires, la violation continue et systématique des droits de l’homme, l’incapacité de fournir des services de base qui sont les droits fondamentaux de la population».

Sur le plan sécuritaire, soutient la coordonnatrice du mouvement SUFC, «7 des 10 régions du Cameroun sont aujourd’hui touchées par des conflits, Plus de 700 000 Camerounais sont déplacés à l’intérieur du pays (170 000 dans l’Extrême-Nord, environ 5 000 dans l’Adamaoua, 530 000 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest), plus de 2 000 personnes ont été tuées dans le conflit de Boko Haram et plus de 1850 dans la crise anglophone»

«Au moins 50 000 réfugiés ont fui le pays; l’éducation d’environ 2 500 000 enfants a été interrompue pour la troisième année consécutive; plus d’un millier de personnes sont actuellement arrêtées illégalement et arbitrairement en raison du conflit de Boko Haram et de la crise anglophone», ajoute-t-elle.

Pour Edith Kah Walla, «le Gouvernement camerounais a l’entière responsabilité de ces crises et de leur gestion catastrophique qui a conduit à de nouvelles violations des droits de l’Homme et à l’aggravation des conflits. Aujourd’hui, les Camerounais ne font pas confiance à leur armée, leur Justice, leur système électoral qui est truqué et frauduleux; leur présidence qui est silencieuse, oppressante et incapable de fournir des services de base».

Selon elle, «les tensions sociales sont si fortes que le chaos général et/ou une guerre totale sont aujourd’hui très probables». Pour mettre un terme à ces tensions, la présidente du CPP propose au Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme un ensemble de mesures.

«Dans l’immédiat, il est essentiel que la Communauté internationale exige qu’une commission d’enquête neutre, comprenant des membres d’organismes internationaux, ainsi que des acteurs camerounais de la société civile, puisse se rendre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et établir certains faits irréfutables», propose-t-elle.

«Condamner fermement et sans équivoque les violations des droits de l’homme et des principes démocratiques; appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées et condamnées illégalement dans le cadre du conflit de Boko Haram, de la crise anglophone et des manifestations électorales du MRC».

«Tenir le régime Biya responsable de ses actes lors des réunions internationales. Les représentants du gouvernement camerounais doivent être interrogés selon les mécanismes existants sur les cas avérés de meurtre, d’emprisonnement et de torture. Cela peut se faire au Conseil de sécurité de l’ONU ou dans une autre instance appropriée. Déclencher le processus de sanctions individuelles contre les membres du gouvernement camerounais responsables de la violence et du chaos actuels dans le pays, notamment : interdiction de voyager, gel des avoirs, saisie des biens, etc.».

Pour nous, Camerounais, poursuit-elle «il est clair que le régime Biya ne peut plus gouverner le Cameroun. En conséquence, nous demandons une transition politique. Cela implique: le départ du régime de Biya. En tant que Camerounais, nous nous réunissons pour l’exiger. Nous le ferons par des protestations à grande échelle et sans violence. Nous attendons du monde entier qu’il nous soutienne».

Source: actucameroun.com

 

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