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Ludovic Lado : « le Cameroun doit entièrement être libéré de la servitude du régime Biya »

Dans sa traditionnelle chronique du dimanche rendu public ce samedi 5 octobre 2019, l’homme de Dieu parle du grand dialogue national et de la libération des prisonniers de la crise anglophone et de la crise post-électorale. CamerInfos.net, vous propose l’intégralité du texte.

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MA CHRONIQUE DOMINICALE 06-10-2019

SI NOUS AVIONS DE LA FOI…

Cette semaine qui s’achève, pendant que Yaoundé vibrait au rythme de la clôture du GDN et de la libération des prisonniers politiques, quelque part dans la zone anglophone, la gardienne de prison Ayafor Florence subissait le martyr et la mort entre les mains d’une bande de criminels. Face à de telles scènes d’horreur, comment ne pas crier avec le Prophète Habacuc dans la première lecture de ce dimanche : « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? crier vers toi : « Violence ! » sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence : dispute et discorde se déchainent. » Dieu semble avoir oublié le Cameroun !

Combien de temps encore le Cameroun sera-t-il soumis à la violence et au pillage. Le NO et le SO sont désormais marqués par la violence dont la racine est le viol, le viol du Cameroun occidental par le Cameroun oriental. Ce péché originel hantera « la République du Cameroun » jusqu’à ce que justice soit faite. Violence et Pillage, voilà la source de nos disputes et discordes qu’un simulacre de dialogue national ne saurait surmonter. Il faut guérir le mal à la racine en restituant aux Cameroun oriental sa dignité. Le GDN leur a promis « un statut spécial » sur ce long chemin vers la liberté, un chemin désormais arrosé de sang humain, dont celui de Ayafor Florence. Pourtant Il faut continuer à dénouer les liens de servitude. Ça prendra le temps que ça prendra, mais « si elle parait tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard » (première lecture). Seulement, face à l’insolence des rassasiés de Yaoundé, l’espérance suppose la foi, car comme le dit un proverbe africain, la pierre de Dieu écrase lentement.

Comme pour les apôtres de Jésus dans l’évangile de ce dimanche, une prière s’impose : « Augmente en nous la foi ! » Oui, au Cameroun aujourd’hui, il faut la foi pour ne pas désespérer et sombrer dans la résignation. Seulement, il ne s’agit pas d’une foi passive, mais bien d’une foi active. Il s’agit de la foi qui se déploie dans le combat, celle qui, tout en nous faisant acclamer Dieu comme notre Rocher et notre Salut, motive pour l’action de libération. Et Jésus de répondre à ses disciples : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi. » (Evangile) La foi comme démission de ses responsabilités quotidiennes n’est pas chrétienne. La foi n’a de sens que quand le serviteur a fait son devoir, quand il a apporté ses cinq pains et ses deux poissons…c’est alors le miracle peut se produire. C’est dans ce sens que je comprends Jésus : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’ » (évangile). Le miracle est la multiplication de nos efforts par Dieu.

Oui, là où il y a la foi, il n’y a pas de peur. On est serein, justement parce qu’on n’a fait son devoir. « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » affirme saint Paul qui écrit de la prison à Timothée. Parlant de prisonniers, ils étaient des centaines à être libérés par le régime Biya au cours de cette semaine qui s’achève. D’abord quelques centaines liées la crise anglophone et puis une centaine associée à Maurice Kamto et Cie. Mais le combat doit continuer jusqu’à ce que le Cameroun soit entièrement libéré de la servitude du régime Biya, de la violence et du pillage. Cela demande la foi. En effet, ce régime s’est arrogé le droit divin d’arrêter et de libérer arbitrairement. Jusqu’à ce que Dieu l’arrête. Mais quand ? Voici la réponse : « si elle parait tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard » (première lecture) C’est ça la foi : « une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. » (Lettre aux Hébreux). Oui, la foi est la certitude que les Ayafor Florence et Cie ne sont pas morts pour rien et que le sang de tous ces martyrs tôt ou tard portera du fruit, le fruit de la liberté. Bon dimanche à tous et à dimanche prochain !

 

 

 

 

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