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Wilfried Ekanga : « La liberté n’est pas distribuée par un hypnotisant et omni-absent "Père de la Nation"»

Après la tribune du jeudi 9 janvier 2020 qui a porté sur le patriotisme, Claude Wilfried Ekanga sa page Facebook ce vendredi 10 janvier, une réflexion sur la liberté. L’analyste politique pense que la liberté est innée et non le don d’un individu au pouvoir.

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Au Cameroun, la liberté est protégée par la constitution et garantie par la prééminence institutionnelle du pays, comme ses soutiens veulent faire croire. « La liberté est garantie par la Constitution et exposée dans toute son étendue et ses frontières. Elle n’est pas distribuée la veille Noël par un hypnotisant et omniabsent « Père de la Nation ». Quant à la privation de liberté. Elle est régie par les seules lois pénales de la République. Ce qui signifie que même ceux qui possèdent des immunités peuvent les perdre en cas de délits graves, car nul est au-dessus des règles. C’est pourquoi les Romains disaient aussi : « Dure Lex, Sed Lex » (« La loi est dure, mais c’est la loi ».) », écrit le militant du MRC.

CamerInfos.net vous propose l’intégralité de la chronique.

L’héritage de Panurge

QU’EST-CE QUE LA LIBERTÉ ?

Après avoir tenté de vous faire avaler que le tribalisme était né au Palais des Congrès en 2018, après avoir piaillé à vos oreilles que le patriotisme consistait à aimer celui qu’ils aiment (puisque l’Etat c’est lui), ils ont pris l’habitude de se présenter avec une autre assiette de sorcellerie politique : la « liberté offerte ».

Retenez-le une fois pour toutes : nous sommes un énorme asile psychiatrique sans toit ni murs, où il se passe des choses qu’on ne voit nulle part ailleurs. Le seul endroit au monde où on te dira que c’est « grâce à la magnanimité » d’une personne que tu as la liberté d’expression. En d’autres mots, il t’a « offert » le droit de parler comme tu veux, et tu lui dois reconnaissance et même allégeance.

Car paraît-il, autrefois, parler c’était mourir un peu.

PANURGE - SAUTER OR NOT SAUTER ?

Il y a sur terre deux types d’individus : ceux qui acceptent fièrement d’être des moutons, et ceux qui exigent de la considération à la mesure de leur valeur humaine. Quand tu es venu au monde, l’Evolution (ou le Bon Dieu, c’est selon) n’a pas prévu de menottes. Aucun bébé ne naît enchaîner. Ça veut dire qu’en sortant des entrailles maternelles, tu étais déjà libre. C’est le plus fantastique cadeau de la nature après la vie, et nous l’avons reçu gratuitement !

Personne ne peut donc te donner ce que tu as déjà. Il faut avoir une réflexion totalement bloquée pour mijoter ce type de soupe.

Le seul mouvement que l’on peut te causer quand tu possèdes déjà une chose, c’est te retirer cette chose. Et dans des républiques bananières où le Matango et les motions de soutien guident les décisions de justice, ce retrait n’a très souvent aucune rationalité. Voilà pourquoi une femme de ménage incarcérée injustement pendant 9 mois n’a pas à dire merci à une quelconque magnanimité, mais est plutôt attendue à condamner la grosse (très grosse) stupidité dont elle fut victime.

Ne faites pas de notre pays une société de fous où l’on demande à l’esclave de remercier son bourreau de l’avoir « libéré » d’un cachot de la torture où lui-même l’avait mis. Il y a là un besoin urgent d’exorcisme mental. Si quelqu’un te demande de te taire devant l’absurde et de t’estimer heureux de la pseudo liberté qu’on te miroite, c’est qu’il a délibérément choisi d’être un mouton et de sauter par-dessus bord sans réfléchir. C’est aussi simple que cela.

ONCE AGAIN !

La liberté est intrinsèque, innée. C’est la cause première, le bien initial, le Ground Zero. Elle ne se donne et ne se retire pas selon les humeurs et les pulsions d’un homme, rythmé par les décibels de quelques « Ayop !» affamés. En plein XXIe siècle, il y a des phrases qu’on ne dit plus (« Tu as au moins la chance qu’il t’a donné la liberté »), sauf si on a un fantasme aigu pour le spiritisme et le paranormal.

Il est temps de graver sur les dalles de vos esprits qu’un président, comme toute l’administration publique, ne sont pas des patrons, mais plutôt des employés du peuple. Les Romains ne disaient pas « Minister » (« serviteur ») pour rien. Le peuple trône non pas en-dessous, mais au-dessus de ses élites. Alors c’est d’abord lui qui a le droit d’exiger des comptes face à une gestion cataclysmique de la mission confiée (ex. les 500 000 emplois promis en 2019, ou les tracteurs qui poussaient près des ignames à Ebolowa depuis le Comice de 2011)

La liberté est garantie par la Constitution et exposée dans toute son étendue et ses frontières. Elle n’est pas distribuée la veille Noël par un hypnotisant et omniabsent « Père de la Nation ». Quant à la privation de liberté. Elle est régie par les seules lois pénales de la République. Ce qui signifie que même ceux qui possèdent des immunités peuvent les perdre en cas de délits graves, car nul est au-dessus des règles. C’est pourquoi les Romains disaient aussi : « Dure Lex, Sed Lex » (« La loi est dure, mais c’est la loi ».)

Chez les mêmes Romains, comme en Orient et partout ailleurs, on avait coutume de procéder à une ablation partielle des organes géniaux (castration), soit pour une promotion à une responsabilité élevée, soit plutôt en guise de punition pour un forfait ou un autre. Ces hommes émasculés devenaient alors des eunuques. Mais aujourd’hui, que répondrais-tu à un illuminé qui viendrait te dire : « Sois fier que nous ne soyons plus dans la Rome Antique, car tu aurais été castré »?

A ta place je lui rétorquerais : « Cesse de raisonner comme une chèvre ; mes organes génitaux sont un don du ciel que personne n’a le droit de me retirer. Je n’ai à remercier personne de les avoir, puisque je les ai reçus de la nature. C’est plutôt ceux qui vivaient sous ces régimes qui étaient malheureux de la barbarie »

À présent, faites la transposition de ceci au Pays des Crevettes et comportez-vous en conséquence. On doit chasser Panurge en haute urgence de nos têtes, et se démoutonniser pour de bon ...

... sauf pour ceux qui estiment qu’ils sont nés eunuques.

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

 

 

 

 

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