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Affaire des écoutes : « Jamais ! Jamais je n’ai trafiqué ! », jure Nicolas Sarkozy à la barre

Nicolas Sarkozy est jugé pour « corruption active » et « trafic d’influence » dans l’affaire « Paul Bismuth »



Ses fils, Pierre et Jean, se sont assis au premier rang. Un vieil ami avocat lui a discrètement glissé une barre chocolatée dans la main. Et toute son équipe de défense est venue l’encourager, qui d’un bon mot, qui d’une tape dans le dos. En avait-il vraiment besoin ? Depuis la révélation de l’affaire, cela faisait six ans qu’il attendait ce moment.


Nicolas Sarkozy n’a donc même pas attendu la fin de la première question de la présidente de la 32e chambre du tribunal judiciaire de Paris pour dégainer. Pour dire tout ce qu’il a sur le cœur au sujet de l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth » qui lui vaut de comparaître, depuis le 23 novembre pour « corruption active » et « trafic d’influence ».


« Permettez-moi de le dire de façon solennelle : je n’ai jamais commis le moindre acte de corruption. Je n’ai jamais… Jamais… », s’emballe-t-il sans parvenir à finir sa phrase. Et de reprendre : « Vingt ans député. Vingt ans maire. Sept ans ministre. Et cinq ans président. Je n’ai jamais trafiqué ! » L’ex-chef de l’État reprend alors son souffle un instant, avant de poursuivre, plus posément : « Naturellement, je ne suis pas une victime… Mais qu’il me soit permis de dire au tribunal ce que j’ai vécu depuis six ans… »


Une garde à vue à 2h30 et 3.770 conversations écoutées


Et cela a duré près d’une demi-heure avant que la présidente ne se mette à pouvoir enfin lui poser une question sur son avocat historique Thierry Herzog qui partage aujourd’hui le banc des prévenus avec lui. Car, avant ça, il était important pour Nicolas Sarkozy de balayer toutes les accusations qui lui font encourir aujourd’hui une peine maximale de dix ans de prison et une amende de 1 million d’euros.


Très agité à la barre, secouant les mains, soulevant ses épaules, pointant les magistrats du parquet financier du doigt, haussant le ton parfois jusqu’à la caricature, il a donc attaqué en évoquant sa garde à vue. Celle-là même qui l’a emmené, rue des Italiens à Paris, devant deux juges à 2h30 du matin, un jour de juin 2014. Encadré par deux policiers. Il a évoqué sa « colère » d’avoir été traité de la sorte. Son « indignation » même. Car, on le sait désormais, Paul Bismuth est le nom de code utilisé sur la ligne téléphonique secrète de l’ex-chef de l’État.


Et il a été écouté durant sept mois. « Il y a 3.700 écoutes ! Non, 3.750 ! 3.770 même, je crois me souvenir. » Qu’importe, finalement. « Vous avez devant vous un homme dont on a écouté les conversations privées. Mes enfants. Ma femme. Mon médecin. Mes amis politiques. Mon avocat. Et le résultat ? On a trouvé cinq conversations [problématiques] avec mon avocat… »


Sarkozy à 100 milliards de lieues et 1.000 années-lumière


Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir noué un pacte de corruption avec Gilbert Azibert. Des informations sur la procédure Bettencourt devant la Cour de cassation contre un « coup de pouce » pour obtenir au magistrat un poste prestigieux à Monaco. Juste avant qu’on n’appelle Nicolas Sarkozy à la barre, la présidente du tribunal a d’ailleurs lu un extrait de conversation où on l’entend parler de ça. Il dit clairement « Je l’aiderai […]. Moi, je le fais monter [à Monaco]. » Mais l’ex-chef de l’État n’en a finalement rien fait. Et Gilbert Azibert est resté chez lui. Mais « si ça s’était présenté, j’aurais parfaitement pu faire la démarche. Mais cela ne s’est pas présenté… »



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